Le blog de Babacar DIONE
Faut-il robotiser l’administration sénégalaise ?
Faut-il robotiser l’administration sénégalaise ?

L’idée nous est venue du directeur des Transports routiers. Relevant la fraude qui gangrène le processus de délivrance des permis de conduire, Cheikh Omar Gaye a trouvé comme panacée, le remplacement de l’homme par la machine. Il s’agira désormais d’instaurer un permis à puce qui sera délivré «sans contact humain». Une «machine » automatisée, se chargera de poser des questions directement au candidat selon la langue que celui-ci s’est choisie. Au terme du questionnaire, l’ordinateur informe le prétendant de son admission ou pas.


Aucune formule n’a jusque-là pu résoudre la question de la fraude dans le transport routier. Ni l’instauration d’une police de la circulation dont les éléments sélectionnés «parmi les meilleurs policiers», étaient reconnaissables par leurs brassards. Encore moins le semblant de rigueur instauré au niveau du service des mines dans le processus de délivrance des permis de conduire. L’ancien directeur des Transports routiers a d’ailleurs été éclaboussé par une affaire de vente de permis de conduire, limogé et écroué.
Aujourd’hui, deux millions de faux permis circulent au Sénégal, selon les chiffres fournis par l’actuel directeur des Transports routiers, alors que 3 millions de ce sésame sont légalement délivrés.


Dans cet arsenal de fraudes, on parle de permis «bassang » (nattes), de « tépi taf » qui consiste à coller sa photo sur un permis appartenant à autrui… Le désastre est tel que le permis de conduire ne garantit plus aucune transaction bancaire.
Et l’Etat gagnerait 25 milliards de F Cfa dans la confection de permis à puce.
Quelles que soient les rigueurs imposées dans la confection de ce nouveau document, il faudra bien trouver une formule moins faillible dans le système de contrôle des services de l’ordre, notamment de la Police et de la gendarmerie.
On a l’impression qu’aucun secteur de l’administration n’est épargné. De la délivrance des pièces d’état civil à des affaires impliquant de hauts fonctionnaires, les relations qui régissent administrateurs et administrés deviennent très vite des rapports entre corrompus et corrupteurs.


Le mal est dans le contact humain. Faut-il dès lors généraliser la formule de la direction des Transports routiers dans l’administration sénégalaise ? A savoir faire faire aux machines, partout où c’est possible, le travail dévolu aux fonctionnaires.
On aurait dans ce cas des robots à la place des agents préposés à la circulation et dans tous les services publics, des ordinateurs à la place du personnel. Non, grosse farce !


Il faudra plutôt que les fonctionnaires développent, ou que l’on fasse développer chez eux, un sens élevé de l’éthique et de la responsabilité. Ce qui va nécessairement se traduire par une plus grande rigueur dans l’exercice de leur fonction.
Les administrés eux, ont besoin d’être plus et mieux sensibilisés pour qu’ils s’acquittent de leur devoir et exigent leur droit. Par exemple, le droit de ne pas payer de bakchich à chaque fois qu’ils se feront confectionner un acte de naissance, un acte de mariage, de décès… Ou le droit d’être informés sur la manière dont leurs ressources sont gérées.


Cette petite histoire tirée d’une interview sur la Rfm prouve que ce n’est pas toujours le cas. Interrogé à l’occasion des préparatifs du Gamou, le responsable de l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy de Tivaouane a été prolixe sur toutes les questions posées par le journaliste, sauf quand il s’est agi de donner le montant de la subvention dégagée par l’Etat. Il a tout bonnement refusé de dévoiler l’enveloppe attribuée à l’établissement sanitaire. Diantre ! Pourquoi une subvention devrait-elle être un secret pour les populations de Tivaouane auxquelles cet appui est destiné ?


Une question à méditer pour tous ceux qui sont investis d’une mission d’ordre public.


Babacar DIONE

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