Le blog de Madiambal DIAGNE
la lumière vient de Paris

Mohamed Guèye, directeur de Publication du journal Le Quotidien et envoyé spécial pour couvrir la visite d’Etat du Président Macky Sall en France, se décidait à aller voir la marche que l’opposition sénégalaise organisait à la Place de la Concorde, à quelques encablures du Palais de l’Elysée, le mercredi 21 décembre 2016. Je lui disais que «c’est bien d’y aller pour voir, mais détrompe-toi, tu n’y verras que deux pelés et trois tondus». Il objectait que certains leaders politiques étaient annoncés à cette marche. Ma conviction demeurait qu’il ne les y verra pas et que «jamais ces leaders ne se mettraient à venir marcher en France pour fustiger la présence de Macky Sall ou pour critiquer des choix de gouvernance impliquant des intérêts économiques de la France». Le pari était pris. Les journalistes qui s’étaient rendus sur les lieux n’y ont aperçu aucun responsable de premier plan d’un parti politique et les manifestants étaient exactement au nombre de 26, pour reprendre le décompte publié par les médias. Ce petit groupe de marcheurs devait bien se sentir seul dans une place de la Concorde qui est vaste de 7,8 hectares, la plus grande place publique de la ville de Paris. Le contraire aurait véritablement étonné, car les opposants sénégalais ont beaucoup trop de liens personnels et intéressés avec la France et les groupes économiques français. Ils ne se mettront jamais à remettre en cause des intérêts français au Sénégal. Déjà, dans une chronique intitulée «Œillères bleu blanc rouge», en date du 16 septembre 2016, j’indiquais notamment que : «Tous les questions, affaires ou contrats qui ont pu provoquer l’ire ou l’interrogation de l’opposition politique contre le régime du Président Macky Sall ces derniers mois ont concerné des intérêts autres que français et les exemples sont légion.»
On doit retenir qu’il serait d’abord de mauvais ton pour un citoyen français de manifester sur le sol français contre la politique intérieure d’un autre pays dont le dirigeant est l’invité d’honneur de l’Etat français. Mais surtout, serait-il un acte antipatriotique pour un ressortissant français de manifester pour dénoncer les intérêts diplomatiques ou économiques de la France et d’entreprises françaises. A la vérité, ce serait d’ailleurs trop demander à un homme politique qui, même quand il est victime d’un cambriolage à son domicile, se réfugie auprès de l’ambassadeur de France, de marcher contre un hôte de l’Elysée. Il n’est peut-être pas innocent que certains leaders politiques aient choisi les couleurs de la France pour en faire celles de leur parti politique. C’est dire qu’on ne verra jamais ces opposants évoquer publiquement et à visage découvert, en des termes critiques, le contrat que le gouvernement du Sénégal vient d’accorder au consortium français constitué des entreprises Alstom-Sncs-Ratp, pour le marché de la mise en chantier du Train électrique régional (Ter) qui reste dans l’histoire le plus gros contrat jamais conclu par l’Etat du Sénégal.
L’opposition politique, qui est très prompte à parler de préserver et sauvegarder les intérêts économiques du Sénégal, fait le dos rond et ne se mettra pas à relever que l’offre chinoise était de loin moins onéreuse que l’offre française. Les députés Mamadou Lamine Diallo et Mamadou Diop Decroix chercheront à se dévouer à la cause pour signer dans une déclaration que le projet du Ter ne figurerait pas dans le Programme triennal d’investissements publics (Ptip). Ils n’ont sans doute pas lu la page 48 de la loi de finances adoptée par l’Assemblée nationale. Ils ne seront pas non plus nombreux à relever que la différence entre les deux offres pour le Ter (Consortium français et China railways corporation) pourrait permettre la réalisation d’un tronçon d’autoroute entre Thiès et Saint-Louis ou entre Mbour et Kaolack ou entre Kaolack et Ziguinchor. Qui a entendu un responsable de l’opposition pointer cette question du doigt ? Il est vrai que d’aucuns ont utilisé «très courageusement» l’anonymat de certains réseaux sociaux pour tenter de comparer les coûts du Ter du Sénégal à ceux que comptent réaliser des compagnies chinoises au Nigeria ou en Afrique de l’Est. Sans doute que le gouvernement aura son explication, bonne ou mauvaise, de ce gap important.
Sur un autre registre, nous avions écrit dans ces mêmes colonnes que la colère de l’opposition, relativement aux concessions accordées à Petro Tim et Kosmos Energy dans le domaine de l’exploitation de gaz et du pétrole, se justifiait simplement parce que ces opposants étaient dans un certain rôle de mettre la pression sur le gouvernement sénégalais pour le pousser à faire de la place à des compagnies françaises dans ce secteur. Voilà que depuis que le gouvernement de Macky Sall a signé une convention avec la compagnie Total pour lui permettre de faire de l’exploration dans l’offshore profond du Sénégal, nul n’a cherché à trouver quelque chose de nébuleux ou de répréhensible dans l’opération. Pourtant, Total a obtenu sa concession dans les mêmes conditions que Petro Tim et Kosmos Energy ont obtenu la leur. Il faut bien demander, exiger même, que cette nouvelle convention soit publiée dans les mêmes conditions que les conventions accordées aux autres, non ? Que tous ceux qui demandaient la publication des contrats signés dans le domaine des hydrocarbures se lèvent pour demander que celui de Total soit également publié ! Durant plus de trente années d’explorations menées par le Sénégal, Total n’avait pourtant jamais cru à l’idée de trouver des gisements fabuleux d’hydrocarbures au large de nos côtes. Mais on peut bien dire que son arrivée enlève au Président Macky Sall une épine du pied. Ce dernier a désormais le beau rôle de dire : «L’arrivée de Total et de Bp montre que nous sommes ouverts à l’égard de tout le monde et que nous veillerons scrupuleusement sur les intérêts du Sénégal. Nous veillerons à ne pas être grugés dans la gestion et l’exploitation de nos ressources en hydrocarbures.»
Assurément, la visite d’Etat que le Président Sall vient d’effectuer en France, à l’invitation de son homologue François Hollande, aura été une belle réussite pour lui à titre personnel, mais aussi pour le Sénégal. Une visite d’Etat dans le protocole de la République française est très particulière et revêt une symbolique singulière. Qui peut compter le nombre de voyages de chefs d’Etat sénégalais en France ces dernières années et pourtant, la visite d’Etat de Macky Sall est la deuxième depuis vingt-cinq ans, lorsque le Président François Mitterrand recevait le Président Abdou Diouf. Il faut voir l’Avenue des Champs-Elysées et les édifices gouvernementaux à Paris, tapissés ou pavoisés des drapeaux du Sénégal et de la France ou voir cette avenue fermée exceptionnellement à la circulation pour permettre le passage du cortège du président de la République du Sénégal, escorté par une majestueuse cavalerie pour se convaincre que la visite a été un véritable triomphe. Il faut voir ces milliers de touristes, provenant de tous les pays du monde, qui se sont massés sur les trottoirs des Champs-Elysées pour observer le spectacle et s’en émerveiller pour se convaincre que ce qui se passait était grandiose et extraordinaire. Il faut voir que dans une période de fêtes de Noël et de fin d’année, la France trouve du temps et de l’intérêt pour accueillir, de cette manière, un chef d’Etat étranger et dans un contexte sécuritaire aussi préoccupant pour se dire qu’il y a dans l’évènement quelque chose de bien spécial. Les honneurs étaient rendus à Macky Sall, mais aussi à tout le Peuple sénégalais qui méritent ainsi du respect et de la considération de la France et de ses plus hautes autorités. Ce qui vient de se passer à Paris ne peut être donné à tout le monde et il y a de bonnes raisons d’en être fiers en tant que Sénégalais.

Madiambal Diagne

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