Assassinat à Zac Mbao : Il assène 17 coups de couteau à sa tante avant de lui fracasser la tête avec une bonbonne de gaz de 12 kilos
L’assassin Ibrahima Goudiaby risque les travaux forcés à perpétuité

Assassinat à Zac Mbao : Il assène 17 coups de couteau à sa tante avant de lui fracasser la tête avec une bonbonne de gaz de 12 kilos

L’assassin Ibrahima Goudiaby risque les travaux forcés à perpétuité
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Il n’en peut plus. Le récit de l’assassinat de sa mère a fini de lui puiser toute sa force. Le peu qui lui restait a été épongé par le substitut du Procureur, Saliou Ngom. Ecouter le parquetier  revenir sur les moindres détails de cet événement tragique qui lui a arraché sa mère, a fini de lui donner un coup de massue, digne de celui d’un boxeur. Tête baissée, l’homme se noie dans sa douleur. Et il a fallu l’intervention de Me Pape Leïty Ndiaye qui, pour atténuer sa douleur, l’a pris par la main avant de le mener à la porte. Le visage sombre de tristesse, encadré des robes noires, il s’est dirigé vers la porte de sortie, suivi de quelques-uns de ses proches. Dans la salle, la voix accusatrice du Procureur Ngom se veut implacable. Ne laissant aucun détail, il explique comme l’accusé Ibrahima Goudiaby a sauvagement tué dix-sept (17) coups de couteau, sa tante avant de lui fracasser la tête avec une bonbonne de gaz de 12 kilos. Cet acte, qui en a ému plus d’un, mérite, selon le substitut du Procureur, une sévère punition. Sans circonstances atténuantes ! Au juge de la Chambre criminelle de Dakar, chargé de trancher cette affaire d’association de malfaiteurs, de recel de criminel, de vol avec violence, d’assassinat et acte de barbaries, il a demandé que Goudiaby soit condamné aux travaux forcés à perpétuité. Pour ses coaccusés, en liberté provisoire, ils risquent gros. Dix (10) ans de travaux forcés ont été requis à leur encontre.

 

« Veille de Korité, j’avais besoin d’argent… »

Que s’est-il passé dans cette affaire ? Le 1er septembre 2011, les éléments de la Section de recherche de la Gendarmerie nationale ont été informés de la découverte d’un cadavre à Zac Mbao. Le corps ayant commencé à dégager une odeur, les pandores ont été accompagnés par des sapeurs-pompiers et des éléments du service d’hygiène. Arrivés sur les lieux du crime, l’identification de la victime a été faite. Elle s’appelle Hélène Goudiaby, née le 26 janvier 1952, de père sénégalais et de maman vietnamienne. La dame qui a un double nationalité, française et sénégalaise, vit seule chez elle. Menant leurs investigations, les enquêteurs constatent qu’elle a été tuée et cachée dans la malle arrière de son véhicule. Pis, c’est lorsque son corps a atteint un état de décomposition – avancée, dégageant une odeur nauséabonde – qu’il a été découvert. Ce, grâce à son neveu Nicolas qui, escaladant le mur de la maison, a fait la découverte macabre. L’enquête permet d’arrêter Ibrahima Goudiaby, neveu de la victime. Face aux enquêteurs, il craque. Il avoue son crime. Hier, à la barre de la Chambre criminelle, il n’a pas changé de version. Les regards, parfois haineux, posés sur lui, il confie : « J’avais besoin d’argent à la veille de la Korité. Tard dans la nuit, je me suis rendu à son domicile. Je pensais qu’elle était déjà au lit, mais… quand j’ai escaladé le mur, ma tante a senti une présence humaine », a-t-il confié aux juges.

 

« Après l’avoir poignardée, je l’ai achevée avec le bonbonne de gaz »

Les choses s’embrouillent lorsque la dame pousse sa curiosité pour démasquer l’intrus. « Elle est tombée sur moi. Là, elle a commencé à crier : Ah, c’est toi voyou ! Au voleur ! Au voleur ! Lorsqu’elle s’est approchée de moi, j’ai pris le couteau qui était sur la table à manger. Sous le coup de la peur, je lui ai assassiné des coups avant de sortir de la maison ». L’accusé ne voulait pas avoir un sentiment d’inachevé. Il a donc terminé sa sale besogne. Après les coups de couteau, il est revenu pour l’achever en lui assenant deux (2) coup avec l’aide d’une bonbonne de gaz de douze (12) kg. « Je l’ai achevée pour qu’elle ne dise pas que c’était moi. J’ai pris là-bas 40 000 FCFA, un téléviseur, deux téléphone portables », avoue-t-il encore. Après avoir commis son crime, l’accusé a fait comme si de rien n’était. Mais lorsque les gendarmes lui ont fait savoir qu’il était louche, il est parti à Ouakam, chez son ami Mamadou Gaye, à qui, il a demandé de lui enlever ses rastas, parce qu’il était recherché par les Forces l’ordre. Rusé, il avait pris le soin de garder les objets volés dans un bâtiment en construction. « Le lendemain, j’ai vendu le téléviseur à Pape Moussa Mbaye qui l’a donné à son frère Gorgui Mbaye. J’ai échangé l’un des téléphones avec Mamadou Gaye moyennant la somme de 5 000 francs », poursuit l’assassin. Ses coaccusés, attraits à la barre pour recels, jurent ignorer l’origine frauduleuse des biens que leur a vendus Ibrahima Goudiaby. Il leur a fait croire que c’est son beau-frère qui avait besoin d’argent en cette veille de fête. D’où la vente du matériel.

 

« Sa tante lui avait laissé les clés de la maison »

Tout était clair. Ou presque. L’avocat de la partie civile, Me Ndiaye, est revenu sur le vécu de la dame. Qui, malgré sa nationalité française, est restée attachée à ses racines sénégalaises. Cette dame avait, dit-il, une grande utilité pour sa famille. « C’est pourquoi elle n’hésitait pas à aider les membres de sa famille établis à Dakar. S’agissant des faits, l’avocat explique que l’accusé avait la confiance de sa tante qui lui avait même laissé les clés de la maison. Mais, il l’a trahi en l’assassinant pour lui voler ses biens ». Les héritiers de Hélène Goudiaby, au nombre de trois, il souligne qu’aucun montant ne pourra réparer ce préjudice. Il a tout de même réclamé 100 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts. Pour ce qui est des coaccusés de Ibrahima Goudiaby, il a demandé au juge de les condamner à 10 ans de travaux forcés. La défense a plaidé l’acquittement au bénéfice du doute pour les receleurs supposés et l’application bienveillante de la loi pour Ibrahima Goudiaby.

 

(Source L’Observateur)







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