Arrestation d’un proche de Karim Wade : la Qatari Investment dénonce une « prise d’otage »
La liberté provisoire a été refusée à Rilke Dacleu-Idrac. Sa banque au Qatar hausse le ton.

Arrestation d’un proche de Karim Wade : la Qatari Investment dénonce une « prise d’otage »

La liberté provisoire a été refusée à Rilke Dacleu-Idrac. Sa banque au Qatar hausse le ton.
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Intercepté à l’aéroport alors qu’il venait de débarquer d’un vol Emirates et placé sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, escroquerie, tentative d’escroquerie, faux et l’usage de faux en écritures privées et sur des documents administratifs, usurpation d’identité et blanchissement de capitaux, Rilke Dacleu-Idrac, ce financier de la Qatar Investment Authority (QIA) a été discrètement interrogé au fond par le doyen des juges Samba Sall. Selon nos informations, celui que le journal Le Quotidien a présenté comme une mule présumée de Karim Wade avant que ses avocats n’annoncent une plainte a d’ailleurs déposé une demande de liberté provisoire à la suite de cet interrogatoire. Mais le juge tout comme le parquet ont rejeté cette demande.

Il faut dire que les ombres de Karim Wade et du Qatar ont plané sur cette audition qui a permis de lever le voile sur quelques zones d’ombre de cette affaire. En effet, Rilke a juré qu’il n’était pas venu au Sénégal pour financer la campagne du Parti démocratique sénégalais (PDS), lui qui ne fait pas de politique.

Il a précisé ne pas avoir d’accointances avec Karim Wade bien qu’il soutient avoir échangé avec lui à trois reprises au téléphone. Selon toujours nos interlocuteurs, le Directeur exécutif en charge de la stratégie de QIA a ajouté qu’il était venu au Sénégal dans cadre d’un financement de l’entreprise concernant un projet immobilier. Et que ce serait sur cette lancée qu’il s’apprêtait à lever des fonds à hauteur de 500 millions d’euros.

Quid de ses multiples nationalités ? Il dit avoir acquis celle qatarie parce qu’il est basé au Qatar, qu’il serait Américain de par sa mère et Camerounais par son père. N’empêche, les autorités américaines auraient mis en cause l’authenticité du passeport américain de ce dernier qui reste en détention.

Le doyen des juges tente aussi d’identifier X qui est visé dans le réquisitoire introductif du parquet.

 

Le Qatar hausse le ton et dénonce une « prise en otage »

 

Ce développement ne semble pas être du goût de la QIA, bras armé financier de Doha, qui parie de détention arbitraire. A preuve, cette déclaration de Muktar Hamed Al Attiyah, le Directeur juridique de ladite société qui charge les autorités sénégalaises.

« QIA déplore surtout la politisation de la procédure et ce qu’il considère comme la prise en otage d’un élément clé de sa chaîne de décisions pour de prétendus délits financiers et une flopée d’autres infractions périphériques qui sont loin d’être assises et que l’accusation, elle-même, peine à articuler. QIA insiste surtout sur le fait que cette affaire ne repose que sur une prétendue proximité avec un personnage politique sénégalais sans qu’aucun élément objectif ne puisse en attester alors que ledit personnage avait, pour sa part, formellement confirmé qu’il n’en était strictement rien. Il convient de rétablir la vérité des faits sur les prétendus montants exorbitants qui auraient été découverts par devers M. Dacleu-Idrac. M. Rilke Dacleu-Idrac, au moment de son interpellation par les douanes sénégalaises, n’a jamais été trouvé en possession de montants au-delà des proportions légalement autorisées et cela ressort du procès-verbal qui a été dressé par les préposés aux douanes. M. Rilke Dacleu-Idrac qui effectuait une seconde visite de travail au Sénégal n’a commis aucun acte visant à compromettre la sûreté de l’Etat sénégalais. QIA confirme également la pièce justificative du virement d’un montant de 500 millions d’euros sur la base de laquelle le délit de blanchissement de capitaux a été évoqué est un support d’information de virement bancaire concernant une transaction légale, effectuée en accord et dans le respect de la règlementation financière internationale au bénéfice de Qatar Invest Asia, filiale hongkongaise dont M. Rilke Dacleu-Idrac assure la présidence du Conseil d’administration. Il est à préciser que ce document de nature « confidentielle » a été relevé aux autorités sénégalaises, grâce à la coopération, à l’enquête et autorisation donnée par M. Dacleu-Idrac aux enquêteurs pour accéder à un ordinateur professionnel appartenant au groupe QIA. (…) En l’absence de canaux diplomatiques traditionnels pouvant permettre la résolution de ce conflit, QIA assure de son support indéfectible à toute la chaîne de défense de M. Rilke Dacleu-Idrac et la mise à disposition de tous les moyens juridiques nécessaires pour l’obtention rapide de sa libération. » Le ton est donné…

 

 

(Avec Libération)







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