En cas d'apocalypse, il resterait au moins un animal en vie
En cas d'apocalypse, il resterait au moins un animal en vie

En cas d

En cas d'apocalypse, il resterait au moins un animal en vie
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Même pas mal! Le tardigrade, animal microscopique connu pour sa résistance, serait capable de survivre aux conséquences d'une collision de la Terre avec un astéroïde géant, contrairement à l'Homme, assure une étude.

 

Surnommé l'ourson d'eau, cet étrange animal boudiné à huit pattes griffues, qui mesure environ un demi-millimètre de longueur, "survivra jusqu'à la mort du Soleil", affirment des chercheurs dont l'étude est publiée ce vendredi 14 juillet dans Scientific Reports.

 

Le tardigrade peut donc espérer vivre encore pendant "au moins 10 milliards d'années", soit bien plus longtemps que l'espèce humaine, ajoute l'équipe réunissant des chercheurs de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni) et de l'Université d'Harvard (États-Unis).

 

Petit mais costaud

Sur Terre, on trouve ce superchampion un peu partout, y compris sur certains sommets de l'Himalaya et dans les profondeurs de l'océan.

Considéré comme l'animal le plus indestructible de la planète, le tardigrade -dont le nom signifie "celui qui marche lentement"- est capable de survivre pendant 30 ans sans manger ni boire. Il peut endurer des températures extrêmes, allant de -272°C jusqu'à 150°C, pendant quelques minutes.

 

Il supporte toutes sortes de pressions extrêmes, et peut vivre dans les profondeurs marines comme dans le vide glacial de l'espace. Il présente aussi une bonne résistance aux radiations, contrairement à l'Homme.

Autant dire qu'il s'agit d'un cobaye virtuel idéal pour tester sur ordinateur la capacité de la vie à résister à des catastrophes venues du ciel.

"Sans notre technologie qui nous protège, l'Homme est une espèce très fragile. De petits changements dans notre environnement peuvent avoir des conséquences dramatiques pour nous", relève Rafael Alves Batista, de l'Université d'Oxford, co-auteur de l'étude. "Il y a beaucoup d'espèces plus résistantes sur Terre. La vie est susceptible de se poursuivre bien après notre disparition", souligne-t-il.

Les chercheurs ont étudié les chances de survie du tardigrade (Milnesium tardigradum) à plusieurs catastrophes venues du ciel, au moyen de plusieurs modèles mathématiques.

Ce qu'il faudrait pour détruire un tardigrade

 

CC BY GOLDSTEIN LAB/FLICKR

 

Une collision entre la Terre et un gros astéroïde devrait obscurcir le ciel, déclenchant une sorte d'"hiver" brutal, avec une forte baisse de la luminosité et une chute des températures. Cela pourrait être catastrophique pour les espèces dépendantes de la lumière, mais la vie continuera près des cheminées volcaniques au fond des océans qui fourniront de la chaleur, selon les chercheurs.

Il n'y a que trois choses qui pourraient détruire le tardigrade. D'abord, un astéroïde très, très gros, capable tout simplement de faire bouillir les océans en s'écrasant.

Deux autres possibilités: l'explosion cataclysmique d'une étoile (supernova) ou les sursauts de rayons gamma (brefs jets de matière très énergétiques), qui se traduiraient notamment par d'intenses radiations qui détruiraient la couche d'ozone protectrice.

Bonne nouvelle pour l'ourson d'eau: il n'y a quasiment aucune chance qu'un de ces trois événements cosmiques aient lieu d'ici la mort du Soleil, dans plus de 10 milliards d'années. Et toutes les autres apocalypses, qui pourraient bien détruire hommes, mammifères et plantes, ne viendraient pas à bout du tardigrade.

La vie, difficile à détruire

La résistance des tardigrades aux événements cosmiques "semble démontrer, que la vie, une fois qu'elle a démarré, est difficile à éliminer complètement", souligne David Sloan, de l'Université d'Oxford, co-auteur de l'étude.

Un constat qui nourrit l'espoir de trouver un jour de la vie ailleurs que sur notre planète. "Il est possible qu'il y ait d'autres espèces résistantes ailleurs dans l'univers", estime Rafael Alves Batista.

Sur Mars, "des organismes dotés d'une tolérance aux radiations et aux températures similaires à celle des tardigrades pourraient survivre longtemps sous la surface", relève Abraham Loeb, du département astronomie de Harvard et co-auteur de l'étude.

Les probables océans sous la surface d'Europe, satellite naturel de Jupiter, pourraient eux aussi présenter des conditions similaires à celles des océans terrestres profonds où l'on trouve des tardigrades.

Mais reste à savoir dans quel état serait cette vie, si elle existe et a survécu à un apocalypse. Comme le notent plusieurs chercheurs interrogés par le Guardian, quand les conditions sont trop extrêmes, le tardigrade s'autovitrifie, un peu comme s'il se cryogénisait lui-même. Le processus, appelé "dessiccation" a justement été percé à jour récemment.

Dans cet état, l'ourson d'eau peut résister à presque tout. Mais il a besoin d'eau pour "ressusciter". Et, une fois actif à nouveau, d'aliments pour se nourrir. Alors si la vie existe ailleurs, il se peut qu'elle soit en réalité vitrifiée, en attente d'un impossible réveil.







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