Décès du Sg de la Raddho : Aboubakry Mbodj, l'anti système
Le Secrétaire général de la Raddho décédé s'est battu contre tous les régimes, au service d’un seul idéal, l'humain

Décès du Sg de la Raddho : Aboubakry Mbodj, l

Aboubakry Mbodj Sg de la Raddho
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Le défunt secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) est décrit comme un homme courageux, honnête, ayant de fortes convictions. Il a toujours été constant dans ses idées et dans ses combats.                                     

La mort du Secrétaire général de la Raddho ce jeudi en France, a plongé les droits de «l’Hommistes » dans l’émoi et la tristesse. Car l’homme,  n’était pas qu’engagé, c’est un grand défenseur des bonnes causes. Agé d'une soixantaine d'années, Aboubacry Mbodj a toujours fait de la  défense des droits de l’Homme un viatique. Alioune Tine, un de ses  plus fidèles collaborateurs de tous les temps, a sur les ondes de Rfi, venté le courage et l’honnêteté de son successeur, en juin 2013, à la tête de la Rencontre africaine pour la défense des  droits de l’Homme (Raddho). «Il a toujours été un militant des droits de l’homme. Etudiant, il était de toutes les réunions mettant en place la Raddho», témoigne-t-il. D’ailleurs, il fait partie des membres fondateurs du comité d'initiative mis en place en 1988-1989, qui a été à l'origine de la création de la Raddho. Pour le  Président du Forum du justiciable, Babacar Ba ; Il a parcouru le Sénégal, l'Afrique et le monde pour défendre les faibles, les opprimés et les laissés-pour-compte.

Philosophe-anthropologue de formation, Aboubacry Mbodji dès sa prise de fonction au niveau de la Raddho, s’est distingué par ses positions courageuses et ses critiques contre  la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Il a toujours soutenu que l’emprisonnement de Karim Wade est une «injustice du fait de la manipulation de la justice» par les autorités actuelles. «C’est  un instrument d’acharnement. Un instrument de règlements de comptes. Il ne va pas dans le sens de redressement de la démocratie», avait-il déclaré au lendemain de la condamnation de Wade-fils, par cette juridiction, à 6 ans d’emprisonnement ferme et d’une amande de plus de 132 milliards de francs Cfa.  Il s’était aussi insurgé contre les méthodes de cette juridiction, caractérisée par l’absence d’appel, le renversement de la charge de la preuve ainsi qu’exclusion de la libération comme moyen de preuve, dans le cadre de l’enrichissement illicite.

Aboubacry Mbodj s’est prononcé aussi sur la décision de Macky Sall qui n’a pas voulu réduire son mandat en cours. Il fait partie des personnalités qui avaient dit que le Président s’est dédit. «Ce qui est gênant dans le discours du président de la République, c’est le fait qu’il nous parle de la décision du Conseil constitutionnel. Donc, il est en train de semer le doute dans l’esprit des sénégalais. Car il agit comme s’il n’avait plus le choix par rapport à l’avis du Conseil constitutionnel alors que ce n’est pas le cas», se désolait-il.

Pour la défense des causes sociales, Aboubacry Mbodj ne ménage aucun effort pour s’employer et combattre les cas qui sapent le respect et la préservation de la dignité humaine. A preuve, il s’est beaucoup investi dans les dossiers  Hissène Habré, la lutte contre l’esclavage en Mauritanie. Souleymane Jules Diop, qui l'a connu il y a un peu plus de 20 ans, a fait ce témoignage sur sa page facebook : «Aboubakry Mbodj était un frère et un ami. Je l'ai connu en 1993, alors que j'étais jeune étudiant en philosophie. Nous nous retrouvions à l'époque chez un ami mauritanien, avec un groupe de militants du Front de libération de la Mauritanie, parmi lesquels Kaw Touré, Sidy Traoré, Moulaye Ismael Keita et leur mentor le professeur Camara. Il m'a vendu ma première carte de membre de la RADDHO, dirigée à l'époque par Waly Faye, et je lui dois mes premiers pas dans le militantisme citoyen et plus tard dans ce que les anglo-saxons appellent " the active journalism". Je n'oublierai jamais le rôle qu'il a joué avec Alioune Tine, pour me faire partir du Sénégal, au début de l'été 2003, alors que ma vie était en danger. Il a été, à n'en pas douter, un grand militant des Droits de l'homme et un grand combattant de la liberté. Qu'il en soit récompensé.»

Pascal GUEYE







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