Du foirail au mouroir de Rebeuss : l’histoire tragique d’Ibrahima Mbow
Ou comment un père de famille accusé d’un vol douteux au foirail la veille de la Tabaski, a été tué avant son jugement.

Du foirail au mouroir de Rebeuss : l’histoire tragique d’Ibrahima Mbow

Ou comment un père de famille accusé d’un vol douteux au foirail la veille de la Tabaski, a été tué avant son jugement.
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Chez la famille d’ Ibrahima Mbow, plus connu sous le nom d'Ibrahima Fall Mbow, au quartier Maguette Diallo à Guinaw-Rail Nord, ça ne désemplit pas. Parents, amis, voisins viennent consoler la famille Mbow, dont un des membres a été tué lors de la mutinerie de Rebeuss. Sa famille est toujours sous le choc. L'émoi et la consternation se lisent sur les visages des parents. Les yeux imbibés de larmes, Amy Kassé, la mère de la victime, a du mal à s'exprimer. «Ibrahima était l'espoir de toute la famille. Son Papa est décédé depuis longtemps. C'est lui qui entretenait la famille. Sa femme est là. Elle a un bébé de 6 mois. L'espoir de toute la famille est parti dans des conditions non encore élucidées et à la fleur de l'âge», regrette sa maman. Très émue et choquée, elle enchaîne: «Maintenant, ce que nous voulons, c'est que justice soit faite. Nous voulons savoir qui a tué mon fils et dans quelles circonstances le drame est survenu ? Nous avons entendu le ministre de la Justice parler d'autopsie. Nous sommes d'accord. Car nous voulons que la lumière jaillisse sur cette affaire. Que les principaux coupables soient démasqués et punis conformément à la loi», poursuit-elle sur un air dépité.

Ibrahima Mbow était âgé de 33 ans. Il était marié et père d'une fille de 6 mois. Il était un marchand ambulant et s'activait dans le commerce de ventilateurs. Tué lors de la mutinerie survenue à la prison de Rebeuss la semaine dernière, le corps d'Ibrahima Mbow se trouve toujours à la morgue. Revenant sur les circonstances de son arrestation, sa maman raconte: «A son retour de travail, Ibrahima m'a dit qu'il va chercher un mouton pour la Tabaski. C'était le vendredi 09 septembre. Il est parti au Forail de Rufisque. Il a acheté un mouton. Mais à sa grande surprise, il n'a fait que quelques pas, un berger est venu pour lui dire que le mouton qu'il tient est un mouton volé. Après quelques échanges, ils sont partis à la police où Ibrahima a été retenu ». Si son accusateur, qui avait de toutes les manières récupéré son mouton, savait ce qui attendait celui qu’il accusait, il n’aurait sans doute jamais prévenu la Police.

« Mon fils a été déféré le lendemain de la Tabaski et devait comparaître le vendredi 16 septembre. Ce jour, lorsque nous nous sommes rendus au Tribunal de Rufisque, nous avons vainement attendu, mais nous ne l'avons pas vu. Nous avons commencé à nous inquiéter. C'est un prisonnier avec qui il partageait la cellule qui nous a fait comprendre qu'Ibrahima Mbow a été tué lors de la mutinerie. Il aurait reçu une balle à la tête. Nous avons demandé à deux autres prisonniers qui nous ont dit la même chose. Ce jour, nous ont-ils dit, il était parti à l'infirmerie car il était un peu souffrant. A son retour, se trouvant au mauvais endroit, il a reçu une balle à la tête. Nous n'avons même pas eu le temps de lui rendre visite à Rebeuss», raconte sa mère, inconsolable.







Commentaires (1)

1.
Fatima Sow
il ya 1 anne
Notre justice est injuste.
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