Appel au dialogue : Sonko crache sur la main tendue de Macky Sall
« Il n’y a ni pertinence ni urgence de dialoguer avec lui »

Appel au dialogue : Sonko crache sur la main tendue de Macky Sall

« Il n’y a ni pertinence ni urgence de dialoguer avec lui »
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Le leader de Pastef s'était emmuré, depuis l'élection présidentielle du 24 février dernier, dans un silence bavard. Hormis un point de presse pour remercier les Sénégalais qui ont voté pour lui et les membres de la coalition Sonko 2019 qui avait porté sa candidature. Mais, c'était sans compter avec l'hebdomadaire panafricain "Jeune Afrique" qui a réussi, à travers un entretien exclusif réalisé par ses reporters Mehdi Bâ et Manon Laplace à Dakar, non seulement à le sortir de sa retraite, mais aussi, et surtout à lui tirer les vers du nez.

"Je sus l'un de ceux qui ont été les plus présents sur le terrain pendant la campagne", assure, d'entrée de jeu, Ousmane Sonko, 44 ans, sorti 3e de la présidentielle de 2019 avec un score de 15,67%, qui a, qu'on le veuille ou non, pris date avec ses compatriotes. Suffisant pour qu'il rejette l'appel au dialogue lancé par le chef de l'État, Macky Sall, le jour de la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel. Selon Ousmane Sonko, "il n'y a ni pertinence ni urgence à dialoguer avec Macky Sall".

 

"La position commune des 4 est de ne pas reconnaître Macky Sall"

 

Quid des résultats de la présidentielle qui consacrent la réélection, dès le premier tour, du Président sortant ? Là, Ousmane Sonko a expliqué les raisons pour lesquelles il n'a pas accepté la victoire de Macky Sall. À l'en croire, il ne s'est jamais prononcé sur les chiffres d'autant qu'il ne voulait pas donner des résultats qui seraient contraires aux procès-verbaux signés par ses mandataires.

Le leader de Pastef d'indiquer : "Je considère que Macky Sall ne mérite pas d'être reconnu vainqueur. Car, il a fait cavalier seul, définissant les règles du jeu sans aucune concertation avec l'opposition, en violation du consensus qui prévalait au Sénégal depuis 1998. Cela concerne l'élaboration du fichier électoral, la distribution des cartes d'électeur, l'absence de neutralité du ministre de l'Intérieur... La position commune que nous avons adoptée, tous les quatre, est de ne pas reconnaître la légitimité du président Macky Sall, dont la victoire est purement technique".

 

"Plus qu'une progression, l'opposition a fait un bond spectaculaire"

 

Dans le même sillage, Ousmane Sonko a magnifié les résultats obtenus par les quatre candidats de l'opposition. Des résultats qui, selon lui, attestent l'existence de l'opposition sénégalaise. Pour lui, "les candidats de l'opposition ont fait un bond spectaculaire" lors de la dernière élection présidentielle. "Ce n'est donc pas une progression, mais un bond spectaculaire. S'il s'était agi de législatives, l'opposition aurait recueilli deux groupes parlementaires, au lieu d'un seul actuellement. Et s'il s'était agi d'élections locales, nous aurions pu remporter un nombre appréciable de municipalités. Car, dans beaucoup de villes, comme à Dakar, le score cumulé de l'opposition dépasse celui du président sortant", explique-t-il.

 

"Je ne suis pas arrogant, mais je dis les choses telles qu'elles sont"

 

Toujours dans l'entretien accordé à "Jeune Afrique", le leader de Pastef rejette l'étiquette "arrogante" que ses détracteurs lui collent. Selon Sonko, il n'est point irrespectueux puisque cela n'est pas dans son éducation. Cependant, il a fait savoir qu'il dit les choses telles qu'elles sont, sans offenser ou manquer de respect à qui que ce soit.

"Ce qui me préoccupe fondamentalement, c'est l'intérêt général. La corruption, le népotisme, le bradage des intérêts nationaux me sont insupportables. Et, quand je m'exprime sur ces sujets, il est vrai que je le fais avec des mots durs", a-t-il confié.

Pour sa première candidature, cet ancien Inspecteur des Impôts et Domaines, radié de la Fonction publique par le Président Macky Sall, a montré qu'il faudra compter avec lui lors des prochaines échéances électorales. Même s'il se revendique d'une génération ayant grandi avec internet, celui qui martelait, au lendemain de la présidentielle où il est arrivé troisième derrière Idrissa Seck, être prêt à enfiler le costume de chef de l'opposition, a démenti ceux qui le taxaient de "candidat Facebook".







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