Caisse d’avance ou Fonds politiques à la mairie de Dakar ?
Quand Pape Diop, maire de Dakar, faisait « ramasser » par le ministre du Budget

Caisse d’avance ou Fonds politiques à la mairie de Dakar ?

Quand Pape Diop, maire de Dakar, faisait « ramasser » par le ministre du Budget
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« Je pense que la caisse d’avance de la ville de Dakar constitue des fonds politiques. La pression que subit Khalifa Sall n,’est pas comparable à aucune autre pression d’une institution. Elle est plus importante que celle exercée sur le président de l’Assemblée nationale qui reçoit 50 millions par mois en guise de fonds politiques, alors que pour le maire de Dakar c’est 30 millions. […]. Qui veut noyer son chien l’accuse de rage », affirmait Pape Diop alors qu’il était interrogé sur la caisse d’avance dont l’utilisation vaut des déboires à son successeur Khalifa Sall.

Pour le leader de Bokk Gis Gis, donc, la caisse d’avance relève des fonds politiques et que la justification de son usage ne se pose pas.

Pourtant, l’ancien édile de la capitale est confondu par une lettre en date du 2 septembre 2002 signée par le ministre du Budget. A l’époque, il avait écrit au département pour demander… l’annulation de l’exigence de production de pièces justificatives pour les dépenses relevant justement de la caisse d’avance.

Le ministre s’est formellement opposé à cette demande, même si Pape Diop faisait partie des dignitaires les plus craints.

Le ministre du Budget de Wade écrivait en direction de l’ex président du Sénat : « J’accuse réception de votre lettre visée en référence par laquelle vous avez bien voulu me demander d’annuler l’exigence de production de pièces justificatives pour vos ordonnancements de la rubriques budgétaire dépenses divers (Ndlr, la caisse d’avance). En retour, je vous signale que le contrôle préalable à l’exécution des dépenses publiques repose essentiellement sur l’exercice, par le comptable du Trésor et sous sa responsabilité personnelle et pécuniaire, d’un ensemble de vérifications sur les pièces justificatives que l’ordonnateur est tenu de produire au soutien de ses mandats. Au surplus, la réglementation oblige au comptable de ne pas se suffire intégralement de ces justificatifs, qui doit en outre, à chaque fois que de besoin, réclamer aux ordonnateurs ou administrateurs de crédits de certificats administratifs ou pièces justificatives supplémentaires. Par ailleurs, il convient de souligner que cette exigence de justification des dépenses des collectivités publiques n’est pas remise en cause par l’existence au niveau de la nomenclature des budgets des collectivités locales d’une rubrique budgétaire « dépenses diverses ». En effet, aucune disposition législative ou réglementaire ne confère une quelconque confidentialité aux dépenses des budgets des collectivités locales qui ignorent la notion de « dépenses secrètes ».

Malgré ces précisions claires et précises, Pape Diop a usé de la caisse d’avance sur la base des fausses factures que confectionnait Mbaye Touré, directeur administratif et financier de la mairie, qui l’a reconnu sur Procès-verbal. Le même procédé continuera sous Khalifa Sall au mépris total des textes.

 

(Source Libération)







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