Procès de la Caisse d’avance de la Mairie de Dakar : Khalifa Sall s’emporte
« Je suis assez meurtri par cette situation. C’est l’argent des Dakarois qui a servi au Dakarois »

Procès de la Caisse d’avance de la Mairie de Dakar : Khalifa Sall s’emporte

« Je suis assez meurtri par cette situation. C’est l’argent des Dakarois qui a servi au Dakarois »
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« Je voudrais contester énergiquement ces accusations. Ceux qui les ont formulées ont eu la main très lourde. Dans quel dessein ? J’essaye toujours de le comprendre. Cette affaire est très claire et simple. Nous avons été maire de la ville de Dakar en 2009. Nous avons essayé de créer les conditions d’une gestion transparente et efficace de la ville. De manière participative et inclusive avec tout le conseil municipal auprès de qui je suis responsable. Nous nous sommes donné les moyens de créer des séances d’information et de participation de toute notre gestion. Nous sommes interdit de faire des choses anormales, de poser des actes qui sont contraires au principe de la réglementation ».

 

« Cette accusation est infamante, elle est gênante »

« Cette accusation est infamante, elle est gênante. Surtout quand elle concerne des fonds pour lesquels tous les Sénégalais en ont connaissance, surtout la classe politique. La situation est très claire. Je voudrais dire pour confirmer ce que ces collaborateurs et jeunes frères ont dit il n’y a jamais eu de réunion pour faire une quelconque malversation. Jamais je me suis réuni avec eux pour commettre un faux. Je voudrais affirmer qu’aucun d’entre eux n’a jamais reçu un sou de ces fonds. Je n’ai pas besoin de jurer, je le confirme. Ces fonds n’étaient pas destinés aux agents de la ville. Nous avons des documents pour le prouver. La ville de Dakar est antérieure à la République. La place de cette commune est indéniable et incontestable. Dakar était capitale de l’AOF. Elle a joué un rôle politique éminent reconnu par tous. Ces fonds politiques ont existé depuis toujours. Des décisions de ministères ont retracé leur existence. Pourquoi les avait-on mis à la disposition de ceux qui géraient la ville à l’époque ? C’est parce que Dakar regroupait l’intelligentsia africaine. La ville de Dakar a participé et favorisé à la lutte de l’Afrique de l’Ouest. Dakar était un cadre d’accueil des élites africaines. Dakar servait à gérer et à promouvoir les indigènes. La ville de Dakar s’est construite autour d’un leadership pour promouvoir l’élite. Des fonds ont été dédiés à cela. Ils permettaient aux élites africaines de se préparer et de s’organiser. C’est la raison pour laquelle, les premiers maires avaient ces fonds. Et cela a continué. Et les maires qui se sont succédé ont agi dans le sens. Puis après l’indépendance, le président Léopold Sédar Senghor, à la demande des premiers autorités locales, a accepté de leur donner des moyens de leurs actions politiques. Et, c’est ça le début des fonds politiques post indépendance ».

 

« Je suis le seul fautif. Je suis celui qui a dit non »

« La gestion de ces fonds politiques post électorale a suivi l’évolution du statut juridique des collectivités locales au Sénégal. L’administration remettait l’argent au président du conseil municipal et, ce dernier rendait compte au président de la République. Après la réforme de 1983, quand le maire est devenu ordonnateur, la tutelle existait. A ce moment-là, les fonds politiques étaient mis à la disposition du maire qui rendait compte devant l’autorité de tutelle. L’année 1996 a été un tournant révolutionnaire pour les collectivités locales. C’est le moment de leur émancipation. A partir de cette année, il n’y a plus de tutelle, plus de contrôle à priori. Le maire était responsable désormais devant son conseil municipal. A ce moment-là, les fonds politiques ont continué à exister. Le maire les recevait directement. Il recevait l’argent par un mécanisme administratif et financier mis en place par le percepteur. C’est pour vous dire que les fonds politiques s’identifient à la ville de Dakar. Ce dont on nous accuse est tellement grave que je ne peux même pas y penser. En juin 2012 et en septembre, si j’avais accepté l’offre politique, je ne serais jamais là. Ce qu’on me reproche est éminemment politique. C’est une affaire politique qu’on a judiciarisée. Libérez ces gens, jugez-moi, j’assume. Je suis le seul fautif. Je suis celui qui a dit non. En 2009, j’ai été élu maire. On m’a donné les assurances nécessaires quant à l’existence des fonds. En 2012, c’est Macky Sall lui-même qui a abordé la question des fonds politiques avec moi. Il les avait même sollicités. C’est une situation qui est là depuis toujours ».

 

« Un magistrat est venu solliciter ces fonds pour l’évacuation de son père, malade, à l’étranger »

« Après 21 ans de fonctionnement, on nous attrait ici. Nous n’avons jamais fait de l’usage personnel de ces fonds. Les sollicitations venaient de trois ou quatre bords. Il y avait les sollicitations des administrations de la ville, des autorités coutumières, religieuses, des populations elles-mêmes. Nous étions sollicités par de grands malades, par ceux qui avaient des problèmes dans la vie. A cela s’ajoutent ceux qui étaient confrontés à des besoins primaires. Il y avait les sollicitations des personnalités, des leaders politiques. Ces fonds ont toujours servi à ça. Nous sommes sollicités par l’Etat au niveau de beaucoup d’autres manifestations comme lors de la célébration de l’indépendance, la visite d’un président étranger au Sénégal, entre autres. Je pourrai vous donner les détails de chaque allocation. Mais la nature des fonds, c’est d’être discret et de ne pas exiger des justifications. Il n’y a jamais eu de documents d’archives de ces fonds. Chaque maire, au terme de son mandat part avec ses actions. En 2009, j’avais discuté avec Abdoulaye Wade sur l’existence de ces fonds. C’est pourquoi, nous avons été surpris d’être traduits ici parce qu’il n’y a pas une seule autorité dans ce pays qui ne connait pas ces fonds. Ces fonds ne servent pas au maire, ils ne servent pas aux agents de la ville. Ils servent aux populations de Dakar. Le débat qui est posé est de savoir pourquoi nous ne voulons pas donner les noms. Nous n’avons pas voulu donner les noms ».

 

« Il n’y a pas de coffre-fort à mon bureau. Quand les fonds arrivent, nous savons où ils doivent aller »

« Ces fonds sont sollicités par tout le monde. Des personnes qui souffrent des maladies telles que le cancer du col de l’utérus, le cancer du sein, la prostate, les problèmes cardiaques. Des grands hommes et de femmes qui ont servi ce pays en ont aussi bénéficié. Un magistrat est venu solliciter ces fonds pour l’évacuation de son père, malade, à l’étranger. Je refuse de communiquer leurs noms mais les bénéficiaires de ces fonds sont de tous les bords. Ils sont à la disposition des Dakarois, c’est la disposition. Nous savons à qui chaque somme est donnée. Nous avons veillé à ce que chaque sou puisse aller à celui qui en a fait la demande. Il n’y a pas de coffre-fort à mon bureau. Quand les fonds arrivent, nous savons où ils doivent aller. Cet argent est distribué à chaque demandeur. C’est l’argent de la ville de Dakar. Et ce n’est pas l’argent de l’Etat. Je suis assez meurtri par cette situation. Cet argent a servi aux populations. Nous pouvons le démontrer, nous pouvons le prouver. C’est l’argent des Dakarois qui a servi au Dakarois ».

 

(Source Libération)







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